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Africa
4 Jul 2017

Une carcasse d’éléphant empoisonnée tue 94 vautours gravement menacés d’extinction au Zimbabwe

By Obaka Torto and Jude Fuhnwi

Il a été rapporté que récemment, quatre-vingt-quatorze vautours africains sont morts après s’être nourris de la carcasse empoisonnée d’un éléphant au Zimbabwe. L’incident s’est produit à Gonarezhou, une petite localité près de la ville de Chiqualaquala, une zone qui est devenue un centre pour le commerce illicite de la faune le long de la frontière du pays avec le Mozambique.

On ne sait pas comment les éléphants ont  été empoisonnés, toutefois un rapport sur l’empoisonnement et la mortalité des animaux sauvages préparé par les experts de la Frankfurt Zoological Society a indiqué que l’éléphant a été tué par une pastèque contenant ce qu’on soupçonne être du Temik, un carbamate. Les experts analysent les échantillons dans un laboratoire pour identifier le poison.

« Les défenses de l’éléphant ont été retirées et on n’est pas sûr si la cause est accidentelle, un empoisonnement secondaire ou un empoisonnement délibéré de la carcasse pour causer la mort des vautours » a indiqué le rapport.

Les spécialistes de la conservation travaillant au Parc national de Gonarezhou ont déclaré que le motif de l’empoisonnement est probablement l’ivoire dans la mesure où uniquement les défenses de l’éléphant manquaient lorsque la carcasse a été découverte, tandis que toutes les autres parties du corps des vautours étaient intactes. Toutefois, les vautours sont également délibérément empoisonnés par les braconniers des éléphants pour éviter la détection par les autorités de la faune sauvage en raison des vols en cercles des vautours et pourrait être une motivation supplémentaire pour l’empoisonnement des vautours.

BirdLife Zimbabwe a exprimé sa préoccupation quant à l’incident et a immédiatement développé des plans pour intensifier les efforts en vue de la protection des oiseaux qui sont déjà en déclin en Afrique. Les activités de BirdLife Zimbabwe pour la lutte contre l’empoisonnement sont déjà en cours dans le Parc national de Hwange pour réduire cette activité illégale qui a coûté la vie à un nombre considérable de vautours.

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« J’étais bouleversée et triste. C’est un grand coup pour les efforts de conservation des vautours au Zimbabwe et dans la région. L’incident s’est produit sur le territoire zimbabwéen, mais les vautours sont des oiseaux de grande envergure et pourraient provenir des pays voisins. En empoisonnant la faune sauvage, nous nous empoisonnons nous-mêmes, » a dit Fadzai Matsvimbo, Directrice du Programme de prévention des extinctions à BirdLife Zimbabwe.

Mme Matsvimbo a décrit le déclin des vautours en Afrique comme étant « notre legs et l’héritage des générations futures qui est détruit, » notant que quatre espèces sont déjà mentionnées comme en grave danger d’extinction, et ces pertes ne font que les rapprocher de l’extinction.

« Nous ne pouvons certainement pas nous permettre de perdre ces oiseaux majestueux du paysage africain » a-t-elle souligné.

L’empoisonnement illégal de la faune sauvage a causé une réaction en chaine avec des effets désastreux sur les vautours qui sont les plus touchés par l’empoisonnement anarchique à l’aide d’appâts empoisonnés avec lesquels les agriculteurs et les bergers ciblent généralement les prédateurs tels que les lions et les hyènes, tandis que les braconniers ciblent d’autres animaux tels que les éléphants pour leur ivoire. L’on sait qu’une carcasse d’éléphant empoisonnée peut causer la mort de jusqu’à 500 vautours menacés d’extinction.

L’approche de BirdLife Zimbabwe a été d’accroître les efforts de sensibilisation sur le sort des vautours pour impliquer les locaux et les membres du public dans la campagne de conservation des oiseaux. Le Partenaire de BirdLife International approche également les agences des forces de l’ordre, les législateurs et les procureurs afin d’assurer que les lois sont adaptées et appliquées. 

« Lorsqu’ils sont arrêtés, les auteurs de ces crimes doivent subir des peines lourdes. Tous les vautours sont des Espèces spécialement protégées sous la Loi des parcs et de la faune sauvage. Ils doivent bénéficier entièrement de ce statut en étant entièrement protégés par la loi, » a déclaré Fadzai.

La plupart des vautours sont au bord de l’extinction dans toute l’Afrique. Compte tenu du rôle vital qu’ils jouent dans la prévention des maladies potentiellement mortelles, le Partenariat de BirdLife International en Afrique collabore étroitement avec les communautés, les gouvernements et d’autres experts pour sauver les vautours sur le continent.

L’approche de BirdLife a consisté à développer une campagne de lutte intégrée contre l’empoisonnement dans plusieurs pays africains, en coopération avec les autorités chargées de la faune sauvage afin de répondre rapidement aux incidents d’empoisonnement et de minimiser les victimes tout en établissant également des zones sûres pour les vautours, et en assurant une participation massive des parties prenantes locales, des chercheurs, du gouvernement et des autres acteurs dans la protection des oiseaux. Ce sont là des étapes importantes pour inverser la tendance dangereuse qui a engouffré leur survie.  

Ces efforts de collaboration ont offert aux communautés la plateforme et les informations nécessaires pour signaler les incidents d’empoisonnement, et les gouvernements ont développé des cadres juridiques pour résoudre le problème de l’empoisonnement et pour engager des poursuites contre leurs auteurs.