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Développer des moyens de subsistance durables au sein des communautés pour garantir la préservation des ressources naturelles de la région de la baie de Yawri


 Yawari Bay © MUWODA

- Par Immanuel Walters, Coordinateur de Projet

 

Les communautés de la Sierra Leone vivant sur des sites patrimoniaux remarquables et/ou d’une richesse naturelle importante dépendent fortement des ressources biologiques naturelles comme source de subsistance menaçant de disparition, directement ou indirectement, certaines espèces de primates, antilopes et autres animaux. En raison du niveau élevée de pauvreté, l'exploitation forestière, la chasse, la carbonisation de bois, l'agriculture et l’exploitation des mangroves étaient les sources primaires de subsistance. Cependant, à travers la conduite du projet financé par CEPF en collaboration avec Birdlife International de 2018 à 2020, plusieurs communautés ont été sensibilisées à l'utilisation durable des ressources naturelles et, également formées aux meilleures pratiques de gestion forestière, à la domestication et transformation des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) ainsi qu’à l'apiculture. En parallèle, MUWODA a aussi soutenu la création de “Clubs Nature” dans les écoles cibles qui ont par la suite, participés à la plantation d'arbres et des débats radiophoniques.

Grâce à ces initiatives, les communautés de la région de la baie de Yawri ont commencé à restaurer leurs ressources naturelles à travers la mise en place de règles d’usages locales. A Kassipoto, le Chef de Section Principal nommé Chef John Caulker a déclaré: "La participation de notre communauté aux activités menées par MUWODA étaient très opportunes et notre rôle en tant que Chefs des communautés est de continuer à maintenir ces pratiques et règles d’usages durables. Nous ferons également de la conservation de la baie de Yawri (une Zone Clés de Biodiversité) l'une de nos priorités dans notre plan d'action annuel sur les stratégies de développement des chefferies". Aujourd'hui, les membres des communautés bénéficiaires du projet ont adoptés de nouveaux modes de vie et/ou de pratiques de subsistance alternatives tels que l'apiculture et l’exploitation de PFNL qui minimisent leur dépendance vis-à-vis des moyens non durables d'utilisation des ressources naturelles.


 Youths fabricating local beehive as an alternative livelihood in Yawri Bay © MUWODA

A cinquante-huit (58) ans, Annie Kamara, une mère célibataire de la localité de Mammie, était l'une des participantes de la formation sur la transformation des PFNL et voici ce qu'elle en a pensé : "En tant que parent célibataire, je fabriquais du charbon de bois parce que je n'avais aucune connaissance sur d’autres moyens de subsistance possibles et j'étais régulièrement malade parce que c’est un travail extrêmement pénible. Je gagnais moins d'un (1) dollar pour 50 kg de charbon de bois et j'avais du mal à subvenir aux besoins de mon ménage. Mais grâce aux actions de MUWODA et aux donateurs, aujourd'hui, je peux augmenter mes revenus en tressant et en vendant des paniers et des nattes fabriqués à partir de PFNL". La carbonisation du bois contribue au changement climatique qui affecte non seulement la santé du travailleur mais aussi celle de la génération future.

Mohamed Lahai, un jeune homme vivant à Gobaru a lui aussi été formé à la transformation des PFNL et à l'apiculture a dit: “Le projet financé par le CEPF - Birdlife International a parmi à ma communauté et d’autres des environs à participer pleinement aux formations et activités réalisées par MUWODA qui ont grandement améliorer la qualité de nos vies. A présent, je travaille comme consultant local pour promouvoir la domestication et transformation des PFNL et l'apiculture et persuade ainsi de nombreux chefs de famille des communautés voisines à s'engager dans des activités de subsistance durables". La domestication et la transformation des PFNL ainsi que leurs valorisation et commercialisation se sont rapidement étendues à d'autres communautés de la baie de Yawari, à savoir les chefferies Ribbi et Kagboro, en raison de leur intérêt et de leur espoir de pouvoir eux aussi bénéficier d’un projet d'investissement du CEPF - Birdlife International.