14 Dec 2017

Le Fonds pour la conservation lance un nouvel investissement pour protéger la nature de la région méditerranéenne

Du Pélican frisé dans les Balkans, aux espèces d’arbres vulnérables au Moyen-Orient en passant par les tortues venant pondre en Afrique du Nord, un nouvel espoir de préservation, de restauration et de protection de la vie sauvage dans les pays en développement du bassin méditerranéen se concrétise à travers une deuxième phase d’investissement par le Fonds de Partenariat pour les Ecosystèmes Critiques (CEPF) qui sera menée par BirdLife International pour cinq autres années.

© CEPF Med
By Liz Smith

Le bassin Méditerranéen est le second plus grand « hotspot pour la biodiversité » dans le monde, accueillant 10% des espèces de plantes (environ 25 000 espèces), presque 300 espèces de mammifères (38 espèces terrestres endémiques), 534 espèces d’oiseaux (63 espèces endémiques), 622 espèces de poissons d’eau douce et 308 espèces de reptiles (dont environ 40% endémiques). Le développement économique rapide, une population humaine croissante et l’accueil de 32% de touristes internationaux dans le monde créent des pressions sans précédent sur les habitats aquatiques et terrestres de cette région – amplifiées par un système de gestion non effectif.

Depuis 2012, ces différents facteurs ont amené le CEPF à investir pour la protection de ce hotspot (un des 35 hotspot riche pour la biodiversité, mais particulièrement menacé dans le monde). Sur ces 5 dernières années, le CEPF a octroyé 108 subventions, finançant 93 organisations différentes (dont 90% d’organisations locales) dans 12 pays. Pendant cette période, de nombreuses organisations de la société civile se sont renforcées pour mener des projets de conservation dans des Zones Clés pour la Biodiversité (ZCB), des projets nationaux et des initiatives transfrontalières, engendrant ainsi un impact durable et des projets de bonnes pratiques.

Au total, plus de 11 millions de dollars ont été investis pour apporter une contribution positive dans la région méditerranéenne : établir de nouvelles aires protégées, créer de nouvelles lois environnementales, amener des bénéfices aux communautés locales, engendrer de nouveaux réseaux de conservation et sauvegarder les habitats accueillant des espèces menacées.

La région méditerranéenne est cependant sous une menace perpétuelle due aux multiples pressions environnementales et socio-économiques. Un nouveau soutien est donc nécessaire. Pour répondre à ce besoin, tout en s’appuyant sur les accomplissements des bénéficiaires de ce fonds, le CEPF a décidé d’investir de nouveau, 10 millions de dollars pour ce hotspot, tremplin essentiel pour que la société civile continuent de travailler pour la conservation de la nature.

Les nouveaux appels à propositions seront annoncés dans la newsletter CEPF Med (voir ci-dessous pour y souscrire), sur les comptes Facebook et sur Twitter, et à travers les sites BirdLife. Alors, restez connectés pour recevoir les dernières nouvelles.

© Borut Rubinic

Plus d’informations 

Une nouvelle stratégie d’investissement pour la région

En s’appuyant sur les succès précédents et afin de renforcer la communauté travaillant sur la conservation des habitats et autres thèmes de la première phase d’investissement, le CEPF va continuer à financer les efforts dans les zones côtières et les bassins fluviaux. De plus, de nouvelles zones qui sont ressorties lors du processus du profil d’écosystème (voir plus bas), ont été intégrées dans cette nouvelle stratégie d’investissement du CEPF dans le bassin méditerranéen.

La seconde phase d’investissement du CEPF se focalisera sur cinq points clés : trois écosystèmes prioritaires (côtier, eau douce et paysages dont la gestion est réalisée de façon traditionnelle), un groupe d’espèce clé (plantes) et le renforcement des capacités des organisations à l’échelle régionale.

L’objectif principal des projets financés doit être la conservation de la biodiversité. Le CEPF financera principalement des actions de conservation basées sur des sites, et fournira une attention particulière à la durabilité des projets à travers le renforcement de capacités des organisations de la société civile.

Le CEPF soutient les actions de conservation dans les pays en développement. L’éligibilité de certains pays et des ZCB sera clairement stipulée dans chaque appel à propositions à venir. Les candidats au fonds CEPF sont encouragés à relire la Stratégie d’investissement pour s’assurer que leurs projets correspondent à la vision du CEPF. Le détail de ces informations peut être obtenu dans les documents suivants :

·         Profil d’écosystème  Anglais (PDF - 31 MB)

·         Résumé technique du profil d’écosystème  Anglais​ (PDF - 2.1 MB) / Français (PDF - 5 MB) / Arabe (PDF - 2.7 MB) 

 

L’état actuel du bassin méditerranéen : le profil d’écosystème

Les stratégies d’investissement du CEPF s’établissent sur un profil d’écosystème pour chaque hotspot de biodiversité. Cela correspond à un document complet décrivant les statuts de conservation de la région, les enjeux socio-économiques, les menaces pesant sur la biodiversité et toutes les données existantes sur la faune et la flore.

Le premier investissement du CEPF en Méditerranée s’appuyait sur un profil d’écosystème compilé en 2010. En quelques années, de nombreux changements peuvent survenir, tels que des changements politiques (par exemple, le printemps arabe), mais aussi dans la disponibilité des informations sur de nouvelles espèces ou des sites (découverte d’une salamandre aquatique, aussi appelée Olm, au Monténégro – à travers un projet du CEPF). Ainsi, après 5 années d’investissement du CEPF, il était essentiel de mettre à jour le profil d’écosystème, pour s’assurer que la nouvelle phase de subvention s’appliquera aux sujets et endroits qui en ont le plus besoin.

Un consortium d’organisations conduit par BirdLife International (voir ci-dessous) et l’UICN, a placé le bassin méditerranéen sous les projecteurs. Plus de 500 personnes, représentantes du gouvernement local, des communautés, des entreprises et d’organisations de la société civile du hotspot méditerranéen ont contribué à la construction de ce profil à travers une série de réunions, ateliers et consultations en ligne. Grâce à leurs expertises mises en commun, une mise à jour complète des données sur les espèces a été réalisée, les frontières des ZCB ont été révisées, et une analyse minutieuse des facteurs socio-économiques et de l’engagement de la société civile dans la conservation a été menée.

L’essentiel du Profil d’Ecosystème est la définition de « résultats de conservation », référant à un ensemble d’objectifs de conservation à atteindre au sein d’un hotspot afin d’éviter la perte de la biodiversité. Ils sont définis à trois échelles : (1) les espèces mondialement menacées dans la région, (2) les sites qui les accueillent (par exemple, les ZCB), et (3) les corridors nécessaires pour maintenir les processus écologiques et évolutifs sur lesquels ces sites dépendent. Le créneau et la stratégie du CEPF sont basés sur ces résultats et définissent les priorités des financements sur les 5 prochaines années.

Le processus de mise à jour du profil d’écosystème a été conduit par BirdLife International et un consortium de partenaires : UICN, la Tour du Valat, le Conservatoire du Littoral et trois organisations en Méditerranée représentantes de BirdLife – Sociedad Española de Ornitología (SEO, BirdLife Espagne), Društvo za opazovanje in proučevanje ptic slovenije (DOPPS, BirdLife Slovénie) et l’association Les Amis des Oiseaux (AAO, BirdLife Tunisie). Cette mise à jour a été possible grâce au soutien de la Fondation Mava, de la Fondation du Prince Albert II de Monaco et du CEPF.

 

L’équipe régionale de mise en œuvre 

BirdLife International, en partenariat avec ses représentants nationaux, la LPO (BirdLife France) et DOPPS (BirdLife Slovénie), est heureuse d’annoncer qu’elle continuera à mener l’équipe de mise en œuvre régionale (RIT) dans le hotspot du bassin méditerranéen. Sur les cinq dernières années, le RIT a permis au CEPF de financer de toutes petites organisations sur les régions les plus importantes, d’aider au renforcement de la société civile et de partager les leçons apprises et les meilleures pratiques.

Les accomplissements des bénéficiaires du CEPF de la première phase d’investissement et de leurs partenaires sont considérables. En plus des impacts directs sur la conservation, des partenariats majeurs ont été construits à travers le Comité consultatif. En outre, les collaborations avec d’autres initiatives clés dans la première phase ont été centrales pour amplifier les impacts des projets.

BirdLife souhaiterait remercier toutes les personnes et organisations qui ont fournies leurs expertises et conseils pour le développement de tous les projets menés, ainsi que leur dévouement aux bénéficiaires du CEPF.

Le RIT prévoit de s’appuyer sur ces réussites et sur les leçons apprises, et de continuer à élargir les réseaux à travers la société civile tout au long de la deuxième phase de l’investissement du CEPF.

Si vous avez des questions sur ce que vous venez de lire, envoyez un email à cepf-med-rit@birdlife.org. Nous annoncerons les nouveaux appels à propositions dans la newsletter, sur Facebook et sur Twitter. Alors, restez connectés pour connaître les dernières nouvelles.

The Mediterranean Regional Implementation Team, includingProgramme Officers for North Africa, the Balkans, Cape Verde and the Middle East © CEPF

 

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www.birdlife.org/cepf-med

 

Le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) est une initiative conjointe de l’Agence Française de Développement (AFD), de Conservation International (CI), de l’Union Européenne, du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), du gouvernement japonais, de la Fondation John D. et Catherine T. Mac-Arthur et de la Banque mondiale. 
L’un de ses objectifs fondamentaux est que la société civile s’engage dans la conservation de la biodiversité.
 
 
Le CEPF, c’est bien plus qu’un simple financeur :
Une équipe de mise en œuvre régionale (RIT) dévouée (coordinateurs experts de terrain) permettant de financer de toutes petites organisations sur les régions les plus importantes, d’aider à la construction de la société civile et de partager les leçons apprises et les meilleures pratiques. Dans le hotspot du bassin méditerranéen, le RIT est confié à BirdLife International et à ses représentants nationaux, la LPO et DOPPS.