6 Oct 2017

Introduction de pièges à réinitialisation automatique pour protéger les oiseaux menacés à Maurice

The Goodnature® A24 self-resetting rat trap © Keshav Ramful, MWF
The Goodnature® A24 self-resetting rat trap © Keshav Ramful, MWF
By Jean Hugues Gardenne and Obaka Torto

En vue de protéger le Zostérops vert de Maurice (Zosterops chloronothos) gravement menacé d’extinction à Maurice, il est vital d’améliorer l’efficacité de la lutte contre les rats et de maintenir la population de cet oiseau dans le Parc national des gorges de Rivière Noire. En harmonie avec la stratégie mondiale de conservation de BirdLife International pour sauver les espèces, la Mauritian Wildlife Foundation, Partenaire de BirdLife à Maurice, a introduit l’utilisation de pièges à réinitialisation automatique pour préserver cet oiseau endémique de Maurice gravement menacé.

Il est estimé que le Zostérops vert de Maurice a une population extrêmement petite qui continue de décliner rapidement en raison de prédateurs mammifères tels que les rats qui ont été introduits dans leurs habitats. L’espèce a également une aire de répartition très restreinte puisque son habitat décline en qualité et en superficie. L’oiseau se nourrit de nectar, de fruits et d’insectes et voyage sur de très longues distances pour se nourrir de fleurs nourrissantes. Pendant longtemps, l’espèce a été protégée par la loi et le Parc national des gorges de Rivière Noire couvre en partie sa répartition.

Des études menées sur une période de trois ans avec l’HSBC comme principal sponsor, ont indiqué qu’entre 180 et 270 oiseaux de cette espèce existent dans le Parc national des gorges de Rivière Noire et ses environs, mais que cette population n’augmentait pas notablement en raison des rats qui attaquent les œufs et oisillons du Zostérops vert de Maurice. En 2016, la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) a reçu une subvention de la British Birdwatching Fair (Birdfair) et de la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) pour le financement d’un projet de recherche sur les méthodes de dératisation.

Le Zostérops vert de Maurice © Eliane Küpfer

Les rats (Rattus spp) sont l’une des plus grandes menaces pour la survie de plus de la moitié de la faune de Maurice, et la MWF a observé durant les études que la reproduction du Zostérops vert de Maurice est faible lorsque les rats ne sont pas éliminés, avec moins de 10% des œufs produisant des oiseaux. Plusieurs techniques ont été appliquées par le passé pour éliminer les rats, y compris l’utilisation de poison anticoagulant tels que les raticides dans les territoires où les rats se reproduisent ou autour des arbres ou le Zostérops vert de Maurice nidifie. Jusqu’à 72% des œufs pondus ont produit des oiseaux avec l’usage du poison. Toutefois, l’empoisonnement prend du temps et coûte cher et peut involontairement affecter d’autres espèces. Les preuves abondent également que la persistance des poisons a des effets néfastes sur l’environnement.

Les agences de conservation recommandent désormais l’utilisation limitée des poisons et la nécessité de les remplacer avec des alternatives non-toxiques, en particulier lorsqu’ils sont utilisés sur une longue période de temps. Très de peu d’alternatives non-toxiques sont jugées rentables et efficaces dans le temps. La nouvelle technologie des pièges à réinitialisation automatique offre une solution potentielle et plus humaine. Les pièges ont été introduits dans l’île nation de Maurice en août 2016 et la MWF a acheté et installé les pièges Goodnature® A24 pour les tester. Les 15 pièges ont été conçus en Nouvelle Zélande, un pays leader de la lutte contre les rats et ont été installés sur divers sites.

Après un an d’essai des pièges dans l’habitat mauricien, il s’est avéré qu’ils offrent une méthode plus efficace de lutte contre les rats dans l’aire protégée par rapport à l’empoisonnement. L’usage de la technologie a également permis au personnel de gagner un temps précieux. La MWF teste actuellement l’efficacité de ces pièges sur une plus grande échelle et sur une longue période pour protéger le Zostérops vert de Maurice et d’autres oiseaux endémiques contre les rats.

La MWF surveille également la population sauvage du Zostérops vert de Maurice ainsi que le succès de la reproduction de la population qui a été réinstallée sur l’Île aux Aigrettes où environ 50 Zostérops verts ont été identifiés aux fins d’une comparaison avec les nids dans le Parc national des gorges de Rivière Noire. La MWF va également parfaire les estimations des populations en baguant les oiseaux sur le continent si possible, et maintiendra une population à 100% baguée sur l’île aux Aigrettes pour faciliter le suivi de la population.