Africa
5 Sep 2017

Un Forum national débat de l’intégration de la biodiversité au Kenya

By Serah Munguti

Les moyens d’existence de certaines communautés locales dans la plupart des pays en développement tels que le Kenya, dépendent des ressources forestières et de divers produits tels que le bois de feu, les médicaments et les aliments que ces forêts offrent. Il est connu que les forêts abritent l’essentiel des ressources naturelles de la planète et fournissent l’eau, séquestrent le carbone – une base pour l’énergie renouvelable et la production d’hydro-électricité  – et soutiennent d’autres secteurs de développement.

Le Kenya est un pays à faible couvert forestier dont seulement environ sept pourcent de la superficie était couverte de forêts en 2010. Cet écosystème forestier est de plus en plus menacé par la pression croissante découlant des activités anthropiques.

Les fonctions de régulation des inondations des forêts s’amenuisent graduellement au fur et à mesure que l’impact du changement climatique devient réel, ce qui rend urgent la nécessité d’initier un examen critique de la capacité des forêts à maintenir les entreprises forestières alors que les objectifs de croissance économique du pays sont vulnérables à la gestion non durable des forêts.

C’était dans cette optique que le 25 juillet 2017, Nature Kenya, partenaire de BirdLife International au Kenya, a organisé un dialogue national sur l’intégration de la biodiversité dans les secteurs de l’économie. La réunion a été organisée en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et des ressources naturelles et le Secrétariat du Partenariat de BirdLife Afrique. Elle a été présidée par Prof. Judi Wakhungu, Secrétaire de Cabinet du Ministère. L’objectif principal  du Forum était d’accélérer la mise en œuvre du programme forestier national qui a été conçu pour accroître le couvert forestier et inverser la dégradation de la forêt au Kenya.

Ce programme tente d’améliorer les avantages économiques, sociaux et environnementaux forestiers, d’intégrer les valeurs et principes nationaux de bonne gouvernance dans le développement forestier ainsi que d’œuvrer à accroître les investissements forestiers.

Le dialogue national a réuni des représentants du gouvernement, du secteur privé, de la société civile, des associations forestières communautaires et des media.

Dans son discours, Prof. Wakhungu a souligné que toutes les personnes présentes ont un rôle à jouer pour assurer que les approches de gestion durable des forêts sont profondément ancrées dans la réhabilitation des paysages, y compris les bassins versants dans les forêts classées, et sur les terres communautaires ou privées.

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« Les personnes pauvres vivant dans nos communautés sont les premières à souffrir lorsque les ressources naturelles disparaissent ou sont épuisées. Les études ont montré que les femmes font les frais de cette dégradation puisqu’elles dépendent le plus de la disponibilité des ressources telles que l’eau et le combustible et de leur accès facile. Le secteur des affaires et de l’économie nationale en sont les prochaines victimes » a déclaré Prof. Wakhungu.

Vivo Energy Kenya, une entreprise qui représentait le secteur privé à la réunion, a partagé une étude de cas de leur appui en faveur de la préservation de la biodiversité au moyen d’un partenariat de quatre ans avec Nature Kenya.

« Nous collaborons avec Nature Kenya parce que c’est une organisation crédible ayant des projets dans les zones où sont situés nos bureaux. Cela permet à notre personnel de participer activement aux activités. Les projets de Nature Kenya ont un impact réel sur l’environnement et la communauté, a expliqué Angela Munyua, Directrice des Communications à Vivo. 

Le partenariat entre Vivo Energy Kenya et Nature Kenya à Dakatcha Woodlands a permis la plantation et l’entretien de plus de 98 000 semis qui deviendront bientôt des arbres adultes. Dans les prairies de Kinangop, une Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO), le partenariat a facilité la plantation de graminées cespiteuses sur 88 hectares de terres et la sensibilisation de 1200 agriculteurs sur la conservation environnementale. La ZICO est un bastion pour le Pipit de Sharpe, une espèce menacée d’extinction à l’échelle mondiale et qui dépend des graminées cespiteuses pour sa nidification, son alimentation et sa protection contre les prédateurs.

Angela a ajouté : « Chaque fois que nous allons à Kinangop ou Marafa (à Dakatcha), nous ne faisons pas que planter et débroussailler les arbres et les graminées cespiteuses, nous passons du bon temps et nous amusons réellement. À la fin de chaque programme, nous jouons un match de foot entre la communauté et le personnel de Vivo Energy Kenya pour conclure les activités de la journée, et chaque année, les deux équipes anticipent avec joie cette rencontre. »

Le Forum a été organisé grâce au financement de CISU (Civil Society in Development) à travers Dansk Ornitologisk Forening (DOF), le partenaire de BirdLife au Danemark.