Africa
31 Aug 2017

Rendre la conservation de l’environnement profitable pour les communautés locales du Burundi

By Jude Fuhnwi

Le Burundi est un petit pays densément peuplé de l’Afrique de l’est dont la topographie collinaire est intercalée de terres humides saisonnières et permanentes dans les zones à basse altitude. La densité démographique, estimée à 420 personnes par kilomètre carré de terre arable, est la cause profonde des menaces environnementales du pays.

La pression sur les terres a poussé les populations à cultiver des flancs de coteaux peu profonds et sujets à l’érosion. L’intensification agricole dans les terres humides basses a exacerbé l’envasement provenant des flancs avoisinants pour dégrader ces zones de grande importance écologique. La majeure partie du couvert forestier a été abattue pour le bois et le bois de feu et a été remplacée par des champs. Les ressources naturelles et la flore restantes se trouvent généralement dans les parcs nationaux de Kibira et de Ruvubu, et dans certaines zones protégées de réserves forestières éparpillées à travers le pays qui n’ont pas bénéficié de la gestion continue ou effective au cours d’années récentes.

La Parc national de Kibira dans le nord-ouest du Burundi couvre environ 40 000 hectares de terres qui s’étendent de la frontière avec le Rwanda et comprend la seule forêt subalpine dans tout le pays. Toutefois, certaines parties de cette forêt sont sous pression en vertu des diverses activités des populations locales. L’abattage des arbres et la coupe du bambou pour le bois de feu par les membres des communautés vivant autour de Kibira, le braconnage et les feux de brousse continuent de détruire la forêt. L’érosion est également courante sur les collines surplombant le Fleuve Mpanda & Gashishi. La récolte non durable des plantes médicinales et le surpâturage dénudent le paysage dans certaines parties des forêts subalpines et dégradent les zones environnantes. L’impact du changement climatique est également un problème réel pour les populations au Burundi, y compris les communautés vivant aux alentours du Parc national de Kibira qui ont été témoins de l’épuisement de leurs ressources naturelles.

En réponse aux menaces persistantes pesant sur leurs environnement, espèces végétales et animales, le partenaire de BirdLife International au Burundi, l’Association burundaise pour la protection de la Nature (ABN) collabore étroitement avec un groupe local de bénévoles pour la préservation durable des ressources naturelles restantes, la réhabilitation des zones dégradées et l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant près du Parc national de Kibira.

Le groupe local connu sous le nom d’Association Dukingiribidukikije a été créé en 2012 par des bénévoles locaux dans le but de protéger leur environnement et rechercher des solutions locales à certains des problèmes auxquels sont confrontées leurs communautés tels que la pauvreté et les conflits domestiques. BirdLife considère ces communautés comme des championnes de la conservation de la nature et les mobilise à travers les Groupes d’appui aux sites (SSG en anglais) dans les zones de conservation prioritaires. Au niveau du Parc national de Kibira, ces bénévoles, à travers leur groupe local, l’Association Dukingiribidukikije, ont collaboré diligemment avec l’ABN, un partenaire de BirdLife, pour protéger et préserver l’environnement naturel.

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« L’Association Dukingiribidukikije a collaboré étroitement avec nous pour fournir des solutions aux problèmes environnementaux. Ils ont planté 150 000 plantes du genre Grevillea sur des domaines fonciers pour empêcher l’érosion du sol et les membres de cette association ont également aidé les populations à construire 2000 foyers efficaces dans leurs maisons pour réduire les déplacements fréquents des femmes dans la forêt à la recherche de bois de feu » a déclaré Joseph Bizimungu, Directeur général par intérim de l’ABN.

Ce groupe local s’est également engagé dans la  sensibilisation sur l’importance du Parc national de Kibira et les activités qui menacent sa conservation. Les membres du groupe ont bénéficié de sessions de formation et de sensibilisation à la suite desquelles ils ont produit et partagé des informations avec les membres de leur communauté sur l’importance de préserver le Parc de Kibira.

La majorité des personnes vivant à Kibira et dans ses environs, ne disposent pas de sources d’approvisionnement fiables de denrées alimentaires et de revenus pour se nourrir et nourrir leurs familles, toutefois, le parc offre des opportunités de réduire la pauvreté et d’améliorer leurs moyens d’existence. L’Association est consciente de ce fait et fait la promotion d’activités créatrices de revenu durable dans les communautés. Elle a introduit des techniques agroforestières auprès des agriculteurs locaux, en particulier la plantation d’arbres fruitiers, et a aidé les communautés à construire et entretenir des ruches pour la production et la commercialisation du miel.

« Quand je vois les orangers que j’ai fait pousser à partir de semences, je vois les avantages dans deux ou trois ans, lorsque les gens viendront acheter un arbre fruitier entre 30 et 50 USD » a déclaré Bosco Hakizimana, Président de l’Association Dukingiribidukikije.

Selon lui, le reboisement a réduit l’érosion du sol de façon substantielle et les moyens d’existence des communautés se sont beaucoup améliorés.

« Les ruches modernes que nous avons introduites nous ont aidé à produire jusqu’à 180 kilos de miel cet été, ce qui implique une augmentation de nos ressources financières » a ajouté Bosco.

Les activités de l’Association Dukingiribidukikije ont grandement influencé les perceptions des communautés locales autour du Parc national de Kibira concernant la conservation de la biodiversité et beaucoup de personnes dans la zone sont désormais conscientes de l’importance de préserver leur environnement naturel.