Africa
14 Mar 2018

Le Kenya annonce une nouvelle aire protégée dans une zone critique montagnarde africaine

La nouvelle zone humide protégée du Lac Ol Bolossat au centre du Kenya qui couvre une superficie de 43,3 km2, est un site d’étape vital pour les oiseaux migrateurs et avait déjà été classée Zone importante pour la conservation des oiseaux. Elle attire les touristes et chercheurs intéressés par divers oiseaux migrateurs provenant de l’Europe et de l’Asie.

 Le lac abrite diverses espèces d’oiseaux migrateurs tels que les grues © Fabian Haas
Le lac abrite diverses espèces d’oiseaux migrateurs tels que les grues © Fabian Haas
By Jude Fuhnwi

Le 24 janvier, Prof. Judi Wakhungu, la Secrétaire d’État à l’Environnement et aux Ressources naturelles, a approuvé et signé le classement du Lac Ol Bolossat comme aire protégée à la suite d’une importante campagne menée par l’East African Wildlife Society (EAWLS) dans le cadre d’un projet financé par le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF).

Le projet d’une durée de neuf mois connu sous le titre « Enhancing Environmental Regulations in Safeguarding Lake Ol Bolossat in Nyandarua County, Kenya (Amélioration des réglementations environnementales pour la sauvegarde du Lac Ol Bolossat dans le Comté de Nyadarua au Kenya) a reçu un financement du CEPF à travers BirdLife International, l’équipe régionale de mise en œuvre (RIT en anglais) dans la zone critique afromontagnarde orientale afin d’assurer que ses services écosystémiques sont préservés.

« À compter du 24 janvier 2018, le Lac Ol Bolossat est officiellement une zone humide protégée » a déclaré Prof Wakhungu le 2 février au cours d’un évènement sur le site célébrant la Journée mondiale des Terres humides au Kenya, organisé par l’EAWLS. « J’ai approuvé et signé le classement. Les documents qui sont actuellement avec le Procureur général indiquent que la date officielle du classement du Lac Bolossat est le 24 janvier 2018. »

 

Les pêcheurs de la zone dépendent du lac pour leurs moyens d’existence © Fabian Haas

 

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Cette nouvelle zone humide protégée rejoint les 142 autres zones protégées de la Zone afromontagnarde orientale. Ses 4000 hectares de nouvelle aire protégée s’ajoutent aux 1,2 millions hectares  du Réseau africain d’aires protégées obtenus grâce aux projets financés par le CEPF et souvent cofinancés par d’autres donateurs.

Le Lac Ol Bolossat est un petit lac dans le Comté de Nyandarua au centre du Kenya. Ce lac long de 43,3 km2 se trouve entre les pentes nord occidentales des Montagnes d’Aberdare et le Dundori Ridge qui sont les principaux bassins versants de la zone. Le lac n’a plus que 4 km2 d’eaux libres et sert de source pour le fleuve Ewaso Nyiro et les chutes de Thomson.

Les eaux libres, les marais flottants, les prairies ouvertes et les forêts riveraines ainsi que les ruisseaux qui alimentent le lac, offrent divers habitats pour plusieurs espèces de plantes et animaux. Ce lac abrite plusieurs familles d’hippopotames et sert de sanctuaire temporaire pour diverses espèces d’oiseaux migrateurs tels que les grues. Désigné 61ème Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO), le lac est également connu abriter d’importantes espèces d’oiseaux d’eau.

En tant que source du Fleuve Ewaso Nyiro, le lac fait vivre une grande population d’hommes, de bétail et de faune sauvage en aval, dans les zones arides et semi-arides du nord du Kenya. Les pêcheurs de la zone dépendent du lac pour leurs moyens d’existence dérivés du poisson-chat qui est abondant durant les saisons pluvieuses.

 

 

« La biodiversité est magnifique. J’ai classé ce beau lac pour pouvoir le protéger contre l’envahissement » a déclaré Prof. Wakhungu dans un tweet le 4 février, quelques jours après avoir annoncé son nouveau statut de zone protégée.

« La biodiversité est magnifique »

Le Lac Ol Bolossat figurait sur la liste des ZICOs en danger – compromettant la biodiversité et les avantages économiques tirés du Lac – et par conséquent, était un site prioritaire pour les mesures de conservation au Kenya. En tant que seul lac dans la région centrale du pays, il  était menacé d’extinction en raison des niveaux sans précédent de dégradation environnementale. Les menaces causées par les activités humaines telles que les carrières, la construction des routes, le surpâturage, la pollution et l’installation illégale d’habitations sur les terres riveraines, ont réduit cette masse d’eau de manière significative.

 

Les menaces causées par les activités humaines ont réduit cette masse d’eau de manière significative © Fabian Haas

 

En raison de l’importance de la zone, BirdLife International, en sa qualité de RIT du CEPF dans la Zone critique afromontagnarde orientale a offert le financement à l’East African Wildlife Society pour réduire l’impact négatif sur le lac – en particulier l’impact causé par la construction des routes et l’expansion agricole. Leurs efforts combinés avec ceux d’autres acteurs ont influencé la décision du Gouvernement kenyan de protéger officiellement cette zone humide.

Réagissant à l’annonce de la Secrétaire d’État, Jabes Okumu, Directeur de Programme pour la faune sauvage à l’East African Wildlife Society, l’a décrit comme une réalisation majeure qui « fournira le cadre institutionnel et juridique » pour guider et coordonner tous les efforts de conservation au sein du Lac Ol Bolossat et autour de celui-ci. » « Nous remercions le CEPF pour nous avoir soutenu dans cette cause noble » a-t-il  déclaré.

Dans le cadre du projet financé par le CEPF, le lac a été présenté par la presse comme priorité dans le cadre d’un Plan d’action conjoint par les principaux acteurs.

Cela montre qu’un « financement initial » limité peut avoir des impacts positifs majeurs

« À travers notre ‘fonds de réponse rapide’, nous avons apporté 10 000 USD à l’EAWLS en 2016. L’EAWLS a poursuivi ses activités après le projet financé par le CEPF/BirdLife grâce à un financement de la Fondation Rufford et de la Fondation Max and Victoria Dreyfus » a déclaré Maaike Manten, Chef d’équipe de la RIT. « Cela montre qu’un « financement initial » limité peut avoir des impacts positifs majeurs.

D’autres projets soutenus par le fonds de réaction rapide dans le cadre du Programme des petites subventions du CEPF pour l’afromontagnarde orientale, ont visé la protection des loups éthiopiens en Éthiopie et des vautours au Kenya. Le programme a exécuté un total de 11 subventions de réponses rapides à travers la zone critique.


En association avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Ethiopian Wildlife and Natural History Society (BirdLife en Éthiopie), BirdLife International a formé l’Équipe régionale de mise en œuvre (RIT) pour l’investissement du Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) dans la Zone critique afromontagnarde orientale (2012-2017). L’investissement a soutenu la société civile dans l’application d’approches innovantes de la conservation dans les zones protégées aux capacités et fonds insuffisants, les Zones clés pour la biodiversité (ZCB) et les corridors prioritaires dans la région.

Le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques est une initiative conjointe de l’Agence française de développement, Conservation International, l’Union européenne, le Fonds pour l’environnement mondial, le Gouvernement du Japon, la Fondation MacArthur et la Banque mondiale. Un objectif fondamental est d’assurer que la société civile est engagée dans la conservation de la biodiversité. Pour plus d’informations sur le CEPF, veuillez consulter le site suivant www.cepf.net