Africa
26 Sep 2017

L’espèce rare du Gorille de la Rivière Cross continue d’être gravement menacée

© WCS
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By Jude Fuhnwi

Les experts de la conservation au Nigéria ont prévenu que la menace d’une perte complète du Gorille de la Rivière Cross emblématique certes mais gravement menacé, subsiste en dépit des efforts consentis par le gouvernement pour détourner un projet de construction d’une autoroute qui a été identifiée comme un danger majeur pour l’existence de l’espèce. La super autoroute menace également environ 290 espèces emblématiques d’oiseaux dont le Picatharte du Cameroun qui se reproduit dans les Montagnes Mbe et des espèces rares à l’échelle nationale telles que le Bulbul doré.

En avril 2017, les représentants officiels du Nigéria ont suscité l’espoir des groupes de conservation et du grand public lorsqu’ils ont annoncé leur intention de modifier le tracé d’un grand projet de route principale à six voies en la détournant du centre vers l’ouest du Parc national de la Rivière Cross dans l’intention de protéger la région qui est en fait un hotspot de biodiversité et abrite plusieurs espèces fauniques dont l’espèce menacée du Gorille de la Rivière Cross. Toutefois, les experts de la conservation ont exprimé la préoccupation que bien que le gouvernement ait annoncé le plan de détourner la super-autoroute, dans la pratique, le gouvernement n’a pas présenté de plan pour démontrer le détournement du tracé. Cet état de fait ranime l’inquiétude que la menace pesant sur cette biodiversité qui sert d’habitat à plusieurs espèces rares, n’a pas été évitée.

« La super-autoroute proposée a déjà produit trois rapports d’évaluation environnementale ratés largement critiqués comme étant de qualité inférieure, frauduleux et non-conformes aux lois et meilleures pratiques nationales » a déclaré Adeniyi Karunwi, Directeur général de la Nigeria Conservation Foundation (NCF), Partenaire de BirdLife au Nigéria.

Le communiqué de presse de la NCF fait référence à une lettre en date du 29 juillet par laquelle le Ministère fédéral nigérian de l’Environnement a approuvé à titre conditionnel la quatrième version de l’évaluation de l’impact environnemental (EIE) pour le projet, en dépit des lacunes évidentes. L’organisation soutient les efforts de gouvernement pour le développement de la zone mais insiste que de tels projets de grande envergure ne doivent pas détruire les zones écologiques vulnérables et la biodiversité et doivent se conformer aux lois et conventions en vigueur. Cela inclut de les soumettre à des études de l’impact environnemental et social comme stipulé dans la Loi de 1992 sur l’Évaluation de l’impact sur l’environnement.

« Le gouvernement de l’État de Cross River doit remplir 23 conditions en deux semaines avant d’initier les travaux du projet. Au nombre de ces conditions : le paiement d’une indemnisation à toutes les personnes et communautés affectées, la production de coordonnées, d’études et cartes du tracé de la super-autoroute qui est dite avoir été détournée du Parc national de Cross River et de la forêt Ekuri ; ainsi que la parution au journal officiel de l’Inversion de l’Ordre concernant la zone tampon longue de 10 km de chaque côté de la super-autoroute préalablement envisagée » a ajouté M. Karunwi.

La NCF a déclaré qu’il existe des publications et sketches de cartes produites sur les trajets alternatifs de la Super-autoroute mais que le gouvernement n’a pas encore émis un nouvel ordre d’acquisition pour montrer le nouveau tracé, ce qui nécessiterait une évaluation supplémentaire de l’impact environnemental.

Selon la NCF, des questions clés ont été soulevées dans le rapport d’évaluation de l’impact environnemental précédent mais celles-ci n’ont pas été abordées de manière adéquate. Elles incluent des données de base cohérentes et correctes ; les avantages financiers des routes et une justification claire du projet ; l’impact de l’autoroute sur les aires protégées environnantes ; la référence aux nombreuses espèces rares et menacées se trouvant dans la zone ; les mesures d’atténuation ; l’engagement des parties prenantes ; l’étude sociale et économique de l’impact du projet sur environ 180 communautés et pas seulement 21 d’entre elles comme documenté ; ainsi que les 23 conditions pour l’approbation provisoire octroyée par le Ministère fédéral de l’Environnement.

La construction de routes traversant les forêts pour satisfaire les demandes croissantes du développement ou pour l’exploitation forestière et l’extraction minière en Afrique, a engendré la destruction de plusieurs espèces de plantes et d’animaux.

« BirdLife International soutient le développement  en Afrique. Toutefois, avec ce développement, les gouvernements doivent prendre soin des écosystèmes et de la biodiversité dans la mesure où ces ressources sont au centre du développement social et économique du continent » a déclaré Ken Mwathe, Coordonnateur des Politiques et Plaidoyer pour l’Afrique à BirdLife International.