Quantcast
Africa
21 Jun 2017

Des oiseaux d’eau suivis de près sur les côtes ouest africaines

Parc National du Diawling Mauritanie © Nature Mauritanie
Parc National du Diawling Mauritanie © Nature Mauritanie
By Blandine Mélis

Chaque année le 15 janvier, l’ensemble des zones humides du monde (baies, estuaires, zones humides littorales, plaines alluviales, fleuves, plans d’eau, marais, deltas et carrières en eau) sont arpentés par des ornithologues professionnels et amateurs : c’est le comptage international des oiseaux d’eau de Wetlands International.

Ce gigantesque comptage mobilise des milliers de passionnés et permet d’identifier les principaux sites d’hivernage, sites d’étape importants pour de nombreuses espèces migratrices. En Afrique de l’ouest l’équipe BirdLife de Dakar et les partenaires de l’organisation se sont largement impliqués pour observer, apprendre, comprendre et COMPTER.

En Mauritanie, Nature Mauritanie (partenaire BirdLife), comme les années précédentes a participé activement au dénombrement sur l’ensemble des 750 km du littoral (de Ndiago à Nouadhibou en passant par les deux parcs nationaux). Au nord, dans le Parc National du Banc d’Arguin plus de 84 unités de comptage sont à l’œuvre recensant ainsi plus de 2 millions d’oiseaux de 82 espèces réparties entre limicoles, flamants roses et échassiers. Au sud, au Parc National du Diawling le nombre d’espèce observé est plus important avec 124 espèces recensées pour un effectif total de 248.320 individus. Cette année, d’après les observations réalisées aux abords des îlots de nidification des flamants roses et nains (niveau d’eau et installation des colonies) la reproduction de ces deux espèces semble garantie à proximité du parc national.

De manière générale, en plus de la participation des volontaires étrangers, il faut noter l’émergence des compétences ornithologiques nationales indispensable à la continuité et la qualité des opérations de dénombrement. Nature Mauritanie, à cette occasion, lance un appel au gouvernement mauritanien et aux organisations internationales pour qu’une attention toute particulière soit dédiée à la protection des zones humides intérieures, véritables sanctuaires de biodiversité soumis à de trop nombreuses pressions humaines.

Au Sénégal, Miguel Lecoq, chargé du plaidoyer BirdLife en Afrique de l’ouest, a parcouru la partie Nord du Parc National du Delta du Saloum avec cinq rangers et agents du Département « suivi des espèces »de l’aire protégée. Traversant mangroves, vasières, ilots côtiers et bancs de sable, c’est un total de plus de 30,000 oiseaux d’eau observés appartenant à 52 espèces. Plus au Sud du Sénégal, en Casamance, Blandine Mélis, chargée de communication BirdLife pour l’Afrique de l’ouest accompagne les enfants de la réserve ornithologique de Kallisaye à reconnaitre et compter les oiseaux de manière ludique et éducative. Le partenaire potentiel de BirdLife, Nature Communautés Développement, au Sénégal assure avec les agents de la réserve l’expertise du dénombrement des oiseaux à bord d’une pirogue à travers les mangroves. L’un des sites de nidification des oiseaux marins est lui aussi compté.

 L'equipe au saloum Senegal © Miguel Lecoq

Subscribe to Our Newsletter!

En Guinée Bissau dans l’archipel des Bijagos et plus particulièrement dans le Parc National marin de João Vieira et Poilão, c’est Claudien Nsabagasani notre chargé des Zones d’Importance pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) de BirdLife qui opère à l’aide des agents de l’administration des parcs, de l’Institut pour la Biodiversité des Aires Protégées (IBAP), des experts du Portugal et des Pays Bas ainsi que les membres de l’organisation ODZH (potentiel partenaire de BirdLife).

Equipe guinee bissau © ODZH

Finalement, c’est avec Conservation Society of Sierra Leone (partenaire Birdlife), que Geoffroy Citegetse, coordinateur du programme Conservation des Oiseaux Migrateurs Côtiers en Afrique de l’ouest BirdLife réalise le dénombrement de la Baie de Yawri, zone estuarienne riche en mangrove et candidate prochainement au classement des ZICO. Malgré l’implication des populations dans la protection du site, la zone reste menacée par l’importante pression de pêche et le ramassage permanent des mollusques et des coquillages.